Retour à Hawaii
D’une pierre deux coup, j’ai été voir la nouvelle tournée des Girls In Hawaii et j’ai acheté leur dernier album dès la sortie de la salle. Alors que toute la presse spécialisée les attendait au tournant, les GiH prouvent à leur public, et par la même occasion à leurs détracteurs, que le premier album n’était pas un coup de chance. Loin de là.
Le ton est tout de suite donné avec la photo de la couverture de l’album : le portrait d’un cerf mort gisant à terre. Ca contraste, rien qu’un peu…, par rapport aux paysages bucoliques du premier EP et de l’album précédant From Here To there. Serait-ce un clin d’oeil au fait que ce second opus fut si difficile à pondre ? Quoi qu’il en soit le talent mélodique des compositeurs est intacte. On retrouve tout au long des différents titres cette sensation si particulière qu’avait déjà évoqué le premier album. Des mélodies rapidement identifiables et très accrocheuses. Pourtant l’atmosphère générale est complètement différente par rapport au premier disque. En effet, les musiques semblent moins « joyeusement innocentes », moins naïves. Ce n’est pas une question de maturité car From Here To There l’était déjà, mais plus comme un choix (in)conscient de produire quelques chose de plus sombre comme s’il y avait une ombre menaçante planant tout au long de la petite heure que dure le CD. A l’image d’un long chemin semés d’embûches parcouru par nos six musiciens ? Est-ce l’expérience qui pointe son nez ? Déjà ? En tout cas, les musiques sont plus travaillées. Entre le début et la fin de chaque titre l’évolution des mélodies est plus complexe. Une voix toujours sur le fil du rasoir, à la frontière de la compréhension accompagnée d’une musique un peu plus électro-expérimental avec une multitude de détails sonores à découvrir sous casque.
Cet album est d’ailleurs le fruit de la collaboration du groupe entier, à l’inverse du premier qui était surtout composé par le duo de tête. Et cela se voit par le fait qu’Antoine passe plus d’une fois le micro à ses acolytes.
This Farm Will End Up In Fire est le titre phare qu’on entend depuis quelques semaine à la radio. Suit Sun Of The Sons plus mélancolique. C’est le morceau auquel j’accroche le moins. Par contre Bored est un de mes titres préférés. Sa rythmique en dent de scie donne au morceau quelque chose de puissant. Petit interlude instrumental avec 5.20.22 pour annoncer deux titres de très haut niveau mélodique : Shades Of Time et Fields Of Gold et sa fin sublime. Chair de poule garanti. Couples On TV est chanté par le bassiste et livre un très belle performance avec une mélodie bien propre. Ensuite Colors qui malgré une intro prometteuse me donne un sentiment partagé. Je ne sais pas encore si j’aime ou pas… bref, un titre très particulier, le plus expérimental. Et on repart de plus belle avec le planant Birthday Call. Road To Luna, enfin sur un album. Joué depuis des lustres en live, ce titre semi-instrumental possède une puissance mélodique rare qui prend toute sa valeur en salle. On termine alors l’album sur deux magnifiques morceaux Summer Storm et le très court mais très intense Plan Your Escape.
